Bicentenaire de la Toile de Jouy


toile jouy

Cette année commémore les 100 ans de la disparition d’Oberkampf, l’inventeur de la toile de Jouy.

A cette occasion de nombreuses manifestations culturelles rendent hommage à cet industriel de génie, grand entrepreneur de l’ancien régime.

Voici un bref résumé sur la vie du fondateur de la manufacture des Toiles de Jouy dont l’influence des imprimés a révolutionné la mode et la décoration :

oberkampf  1 – Christophe-Philippe Oberkampf est né le 11 juin 1738 en Allemagne à Wiesenbach. Fils de teinturiers, il va, très tôt, se passionner pour la gravure et le dessin. Il apprend le métier de teinturier avec son père et part dès l’age de 18 ans travailler en France en tant que graveur de toiles d’indienne. Ces indiennes, se sont des toiles de coton imprimées venues des indes.

Il faut savoir qu’à l’époque, il est interdit d’imprimer des indiennes* en Europe et par conséquent la production clandestine est importante. Car malgré ces interdictions, les indiennes font fureur à la cour et dans la bourgeoisie de l’époque. Elles sont devenues à la mode aussi bien pour le prêt à porter que pour l’ameublement.

* Edit Royal du 4 octobre 1686 signé par Louvois qui interdit d’imprimer des indiennes, de fabriquer, de vendre, d’importer ou d’exporter des toiles de coton peintes aux indes ou contrefaites dans le royaume. Les indiennes étaient importées d’Inde par la Compagnie des Indes Orientales. Il s’agissait donc pour le royaume de protéger ce commerce très florissant

oberkamp 2 – Création de la manufacture de la toile de Jouy. En 1759, cette prohibition finit par être levée par un édit royal. Il est désormais autoriser de produire en France. Oberkampf se met alors à rêver. Et  s’il ouvrait sa propre manufacture. Il quitte Paris et s’installe, avec son frère, à Jouy en Josas en 1760, tout près de la Bièvre car, bien entendu, il faut de l’eau pour imprimer ces fameuses indiennes.

Le 1er mai 1760, Oberkampf va donc imprimer sa première Toile de Jouy. Très vite, la Manufacture va connaître un énorme succès. En 1 an, la manufacture  aura produite 3600 pièces. La demande de toiles est colossale. Une épopée industrielle commence et Oberkampf va y jouer le 1er rôle. Pour cela, il fait appel aux meilleurs ouvriers et fait évoluer les procédés d’impression : planche de bois pendant les dix premières années, puis planche de cuivre et enfin rouleau de cuivre gravé en creux, ce qui assure une plus grande rapidité d’impression.

En 1783 la fabrique reçoit du roi Louis XVI le titre de manufacture royale

Matrice de toile de Jouy

Matrice de toile de Jouy

 3 – L’impression du tissu : une véritable révolution. Avant l’apparition du tissu imprimé, 90% des tissus étaient unis. Seuls les plus riches pouvaient s’offrir des tissus brodés. Pouvoir imprimer en série un motif sur un tissu uni  va tout changer dans le monde de la mode. Fini la monotonie des tissus unis ; désormais un plus grand nombre de personne pourra s’offrir un tissu avec un dessin.

L’impression de la toile de Jouy à la planche de bois est un processus très long qui nécessite tout à la fois d’avoir des talents dans le domaine du dessin, des talents de teinte &  de coloriste ainsi que des talents techniques. Beaucoup de conditions pour obtenir une toile de qualité, qui va durer dans le « teint ». Pour ce faire, Oberkampf va s’entourer de chimistes géniaux.

L‘impression de la toile de Jouy à la plache de bois nécessite pas moins de 11 étapes différentes de fabrication :

  • le dessin
  • la gravure
  • le bousage (la toile était plongée dans un bain de bouse de vache afin d’éliminer l’excès d’épaississant
  • le lavage (dans l’eau de la Bièvre)
  • le lissage
  • le garançage ( bain de teinture qui va révéler les couleurs)
  • le trempage
  • le séchage
  • le mordensage
  • etc

Durant les dix premières années (1760-1770), l’impression à la planche de bois fut la seule technique utilisée, permettant des impressions polychromes. Ensuite  la technique a évolué vers une mécanisation permettant une production plus massive.  la toile provenant de France , de Suisse, des Indes était d’abord lavée  dans l’eau de La Bièvre, puis battue au fléau pour la débarrasser de son apprêt ; plus tard des batteries mécaniques remplaceront ces manipulations. Une fois séchée elle passait à la calandre pour en aplanir le grain. Au préalable, les motifs avaient été gravés en relief sur les planches de bois. Ce n’étaient pas les couleurs elles-mêmes que l’on imprimait mais des mordants -sels de fer et d’alumine- qui, appliqués sur la toile, permettaient l’obtention des couleurs désirées.  Les motifs étaient très variés : fleurs, oiseaux, guirlandes, mais aussi personnages de romans et de fables à la mode, scènes exotiques dans le goût oriental.

 

Si vous avez envie d’en savoir plus sur la Toile de Jouy, voici quelques liens utiles ….

http://amisdelatoiledejouy.fr/

http://amisdelatoiledejouy.fr/2013/10/video-sur-la-toile-de-jouy/

Et n’oubliez pas bien sûr l’exposition  :

jouy Christophe Phillipe Oberkampf. Les toiles de Jouy : une aventure humaine, industrielle et artistique.
Du 15 septembre au 27 décembre 2015 au musée de la toile de Jouy, 78350 Jouy en Josas

A propos stephaniehallaire

Titulaire du CAP Tapissier d'ameublement en Sièges, je pratique la Réfection de sièges à l'ancienne depuis 9 ans. Littéralement passionnée par mon métier, je mets mon savoir faire à votre disposition pour sublimer vos fauteuils.
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