Réfection de sièges à l’ancienne : étape par étape


Amateurs de tapisserie, je vous propose dans cet article un petit rafraîchissement sur les différentes étapes qui constituent la réfection de fauteuils à l’ancienne (c’est à dire la tapisserie avec une garniture en crin naturel)

Le dégarnissage : l’opération consiste, pour le tapissier,  à enlever toute l’ancienne garniture et l’ancien tissu du fauteuil. Le tapissier met la carcasse du fauteuil (aussi appelée fût) à nu. Il ne doit plus rien rester. Semences et agrafes incrustées dans la bois doivent également être retirées du fauteuil. Pour le dégarnissage, le tapissier utile un maillet et un ciseau à dégarnir. Il est important de dégarnir en respectant le sens de bois afin de ne éclater celui ci.

Le re collage du siège et le rebouchage des trous : bien souvent, le tapissier doit recoller les montants du siège. Il peut utiliser de la colle à bois ou, mieux encore, de la colle à poisson. C’est une colle ichtyocolle c’est à dire à base de vessie natatoire de poisson. Après avoir poser la colle, il faut utiliser des serres joints ou une sangle pour serrer fortement les différentes parties à recoller. Après cela, le tapissier confectionne de la pâte à bois avec de la sciure de bois + de la colle à bois pour reboucher les différents trous causés par les semences.

Le traitement du bois : Si le bois du fauteuil présente des petits trous ronds, cela signifie qu’il y a eut ou qu’il y a encore des vers dans le bois. Le tapissier doit impérativement traiter le fauteuil au xylophène avant de commencer la réfection du fauteuil

Sanglage : en tapisserie traditionnelle, le tapissier utilise de la sangle en toile de jute. Pas de sangles élastiques qui ne sont pas assez résistantes. Lors du guindage, le tapissier exerce beaucoup de pression sur les sangles, celles ci doivent donc être bien tendues et pas trop élastiques. Le tapissier fait un guindage bien serré et bien tendu à la semence de 14mm. Pour des renseignements détaillés sur le guindage, lisez l’article intitulé « comment faire un sanglage ? »

Couture des ressorts : le tapissier coud chaque ressort aux sangles à l’aide d’un carrelet droit et de la ficelle à piquer.

Guindage des ressorts : cela signifie que les ressorts vont être abaissé d’une certaine hauteur puis maintenus à l’aide d’un maillage de cordes. Le tapissier utilise de la corde à guinder (plus épaisse et plus robuste que la ficelle à piquer) et abaisse les ressorts d’environ 25% de leur hauteur d’origine. il faut que les ressorts soient à la même hauteur que les taquets du fauteuil. Là encore, si vous souhaitez des informations détaillées sur le guindage, lisez l’article intitulé « comment faire un guindage ? »

La pose de la toile forte : le tapissier recouvre les ressorts guindés avec une toile forte. C’est une toile très serrée, moins souple que la toile forte.

Coutures des ressorts à la toile forte : rien ne doit bouger avec le temps ! une garniture à l’ancienne doit durer plusieurs années. Le tapissier doit donc coudre et recoudre entre elles les différentes couchent qui constituent une réfection de fauteuil à l’ancienne.

Garniture de siège en crin végétal : le tapissier garni le siège avec du crin (généralement du crin coco appelé de l’élancent roux). Il va positionner de manière homogène sur le fauteuil des pelotes de crin qu’il passe dans des lacets  (les lacets permettent de maintenir le crin en place et ainsi éviter que celui ne soit chassé sur les côtés lorsque l’on s’assoit sur le fauteuil).

L’emballage du crin : le tapissier recouvre les ressorts guindés avec une toile d’embourrure. C’est une toile plus souple que la toile forte. Le tapissier a besoin de cette souplesse pour modeler convenablement la garniture selon les courbes du siège qu’il tapisse. Avant de fixer définitivement la toile d’embourrure avec des semences de 9 mm, la tapissier devra s’assurer qu’il y ait assez de crin dans le fauteuil car une fois la toile forte fermée, il n’est plus possible de rajouter du crin

Le piquage (couture qui permet de donner la forme du siège). C’est l’étape qui consiste à réaliser différentes rangées de couture afin de donner de la solidité à la garniture, mais également donner lui donner sa forme adéquate selon le style du siège. Le piquage est complexe. Pour plus de renseignements sur le piquage, voir différents articles (comment faire un point de fond ? comment faire les coutures ? comment faire le point de bourrelet ? )

La piqure de crin animal

Pose de la toile blanche

Pose de la ouate, du tissu et de la finition

Finition galonnée, passepoilée, cloutée

 

Article écrit par Stéphanie Hallaire, tapissier décorateur à Rueil Malmaison

A propos stephaniehallaire

Titulaire du CAP Tapissier d'ameublement en Sièges, je pratique la Réfection de sièges à l'ancienne depuis 9 ans. Littéralement passionnée par mon métier, je mets mon savoir faire à votre disposition pour sublimer vos fauteuils.
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4 commentaires pour Réfection de sièges à l’ancienne : étape par étape

  1. Bonjour
    Félicitations pour toutes vos réalisations.
    J’aurai besoin d’un conseil concernant un voltaire à crémaillère.
    Faut-il faire le dossier avec le tissu de finition avant de faire l’assise ? Car plus d’aisance.
    Cordialement
    Linette

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  2. Bonjour et merci pour la découpe en étapes de votre travail, c’est vraiment très intéressant.
    Bonne continuation !

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